Polska nous voilà!
De la frontière allemande à Lodz (lire "Voutch"), il y a à peu
près autant de relief que de Lille à Amsterdam. Heureusement que l’ennui n’est
pas mortel, le bas-côté de cette route serait un cimetière. La seule
distraction est constituée par les 50 ponts traversants (suffisamment larges
pour laisser passer une colonne de chars) et les péages : tous les 10km on
se fait racketter de 15 zlotys, 20 zl, 33 zl….
Avant notre 1ère étape en Pologne,
on n’a déjà plus un zloty.
Déjeuner prévu à Könin : un ensemble de
barres, un peu la cité des 400, mais toutes les tours sont peintes en rose et
jaune. Lumineux.
Je suis précautionneusement la direction
« Centrum », « Centrum », « Centrum », et pof,
plus rien. Mince je suis passée à côté du centre sans m’en rendre compte. La
ville polonaise me fait un peu peur tout d’un coup.
Horreur architecturale cette ville. Espérons
que ce soir l’étape sera plus concluante.
Après la lecture d’un article dithyrambique
dans un journal déco « la nouvelle ruée vers Lodz » on ne peut pas rater ça.
« Peu à peu abandonnée après un siècle
d’un boom économique hors du commun, l’ancienne capitale polonaise du textile
redécouvre son patrimoine industriel, investit ses usines, restaure ses palais
et retrouve une passionnante jeunesse », Marie-Claire Déco, Mars 2013.
On met bien 1h à entrer dans la ville, tout
est embouteillé, on tourne 1h dans la ville, Olivier grille les feux rouges
qu’on ne voit qu’une fois grillés, zut on a failli rentrer dans le tram
("Maman pourquoi il est pas rose le tram ici?" déjà Chérie c'est un miracle que tu aies reconnu un tram derrière ce tas de rouille), on est à point après une journée de route.
On finit par trouver
l’ancienne usine de coton Scheibler réaménagée en lofts, un complexe dingue au
beau milieu friches industrielles. Ambiance étonnante : cohabitation
d’hyper-moderne, au confort exagéré, et de vestiges d’une époque pas si
ancienne, routes défoncées, rues sales… en plus ça y est : la température
a chuté, il gèle ici.
Olivier me rappelle que son Employeur vient
juste de racheter une société ici à Lodz. Je me rappelle surtout qu’il a dans
son contrat une clause de mobilité en Pologne. Impossible : Lodz, c’est un
mélange de Halle-Neustadt, Roubaix et Forbach réunis.
« Ville en
devenir »… dis, on peut attendre qu’elle soit un peu plus
« devenue » ?
Premiers contacts en polonais, je ne comprends
rien.
On a écouté la radio pendant une heure dans la
voiture, à nous 2 (et environ 50 leçons Assimil à notre actif), on n’a pas su
quel était le sujet. Gros coup de pression : cela fait longtemps qu’on ne
s’est pas retrouvé dans cette situation : en Grèce Olivier traduisait, en
Amérique du Sud, je m’en chargeais à peu près… au Japon peut-être ? Aïe… le seul
voyage auquel on n’a rien compris et pendant lequel on avait abandonné l’idée
de parler aux locaux.
Bon, tout va bien se passer : on s’est
donné un peu plus de temps ici.
Mais on a Ptit Mou qui nous le rappelle 10
fois par heure : « maman, qu’est-ce qu’il dit le
monsieur ?!! » « maman qu’est-ce qu’il y a écrit
là ?! » … Aaaaahhhh Maman n’en sait rien !
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