vendredi 7 mars 2014

Polska nous voilà!



De la frontière allemande à Lodz (lire "Voutch"), il y a à peu près autant de relief que de Lille à Amsterdam. Heureusement que l’ennui n’est pas mortel, le bas-côté de cette route serait un cimetière. La seule distraction est constituée par les 50 ponts traversants (suffisamment larges pour laisser passer une colonne de chars) et les péages : tous les 10km on se fait racketter de 15 zlotys, 20 zl, 33 zl….
Avant notre 1ère étape en Pologne, on n’a déjà plus un zloty.

Déjeuner prévu à Könin : un ensemble de barres, un peu la cité des 400, mais toutes les tours sont peintes en rose et jaune. Lumineux.
Je suis précautionneusement la direction « Centrum », « Centrum », « Centrum », et pof, plus rien. Mince je suis passée à côté du centre sans m’en rendre compte. La ville polonaise me fait un peu peur tout d’un coup.
Horreur architecturale cette ville. Espérons que ce soir l’étape sera plus concluante.

Après la lecture d’un article dithyrambique dans un journal déco « la nouvelle ruée vers Lodz » on ne peut pas rater ça.
« Peu à peu abandonnée après un siècle d’un boom économique hors du commun, l’ancienne capitale polonaise du textile redécouvre son patrimoine industriel, investit ses usines, restaure ses palais et retrouve une passionnante jeunesse », Marie-Claire Déco, Mars 2013.

On met bien 1h à entrer dans la ville, tout est embouteillé, on tourne 1h dans la ville, Olivier grille les feux rouges qu’on ne voit qu’une fois grillés, zut on a failli rentrer dans le tram ("Maman pourquoi il est pas rose le tram ici?" déjà Chérie c'est un miracle que tu aies reconnu un tram derrière ce tas de rouille), on est à point après une journée de route. 
On finit par trouver l’ancienne usine de coton Scheibler réaménagée en lofts, un complexe dingue au beau milieu friches industrielles. Ambiance étonnante : cohabitation d’hyper-moderne, au confort exagéré, et de vestiges d’une époque pas si ancienne, routes défoncées, rues sales… en plus ça y est : la température a chuté, il gèle ici.





Olivier me rappelle que son Employeur vient juste de racheter une société ici à Lodz. Je me rappelle surtout qu’il a dans son contrat une clause de mobilité en Pologne. Impossible : Lodz, c’est un mélange de Halle-Neustadt, Roubaix et Forbach réunis. 
« Ville en devenir »… dis, on peut attendre qu’elle soit un peu plus « devenue » ?





Premiers contacts en polonais, je ne comprends rien.
On a écouté la radio pendant une heure dans la voiture, à nous 2 (et environ 50 leçons Assimil à notre actif), on n’a pas su quel était le sujet. Gros coup de pression : cela fait longtemps qu’on ne s’est pas retrouvé dans cette situation : en Grèce Olivier traduisait, en Amérique du Sud, je m’en chargeais à peu près… au Japon peut-être ? Aïe… le seul voyage auquel on n’a rien compris et pendant lequel on avait abandonné l’idée de parler aux locaux.
Bon, tout va bien se passer : on s’est donné un peu plus de temps ici.

Mais on a Ptit Mou qui nous le rappelle 10 fois par heure : « maman, qu’est-ce qu’il dit le monsieur ?!! » « maman qu’est-ce qu’il y a écrit là ?! » … Aaaaahhhh Maman n’en sait rien !

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