dimanche 30 mars 2014


L’école d’Albane

Il me fallait bien un mois pour me faire une première idée sur cette nouvelle école.


La mission de la pre-school canadienne est ambitieuse, évidemment j’adore (oui, j’avoue, tout est et sera ma faute, ma très grande faute… je connais déjà les griefs qui seront retenus contre moi):

“ Our mission is to OPTIMIZE students’ full potential, to WIDEN their horizons through learning, cooperating and sharing and finally to CREATE an environment that will empower students to successfully exist in a global society.
In a safe, homely atmosphere we SUPPORT students’ individual gifts, creating conditions in which they can develop their interests and talents.
We GIVE our students tools to pursue their dreams and to influence the world we live in. We OFFER education that inspires the development of the whole child. We HELP our students discover the way to succeed in a global, ever-changing society.”


La mission de l’école maternelle en France est, disons, probablement aussi ambitieuse, mais surtout nettement plus pragmatique : « Les enfants y développent leurs facultés fondamentales, perfectionnent leur langage et commencent à découvrir l'univers de l'écrit, celui des nombres et d'autres domaines d'apprentissage. Permettre de vivre une première expérience scolaire réussie est l'objectif majeur de l'école maternelle » (sur education.gouv.fr)


Ceci étant, au-delà des missions, le quotidien des enfants ne s’annonçait pas si différent de ce qu’on découvrait en France depuis presque un an : un enfant de 3 ans a globalement les mêmes besoins de Dijon à Varsovie.
Quoique.


L’école canadienne c’est déjà un bonheur le matin pour les parents:

Le matin, il n’y a pas franchement d’horaires, c’est très bizarre, mais qu’est-ce que c’est agréable (le matin on a notre moment à 3 tranquilou avant de commencer la journée, et qu’est-ce que c’est calme par rapport aux grands matins qu’on a pu connaître, mode « dépêche-toi, on va être en retard, papa a une réunion » en boucle).
Le matin, la maîtresse ne me rappelle pas l’heure à laquelle je dois venir chercher Albane ni ne me re-dit que « demain vous vous souvenez il y a grève de cantine/ péri-scolaire » pour la 4ème fois du mois, mais me fait un grand sourire accompagné d’un « Have a lOOOvely day » avec la bouche grande ouverte sur O, et, feint ou non, mode américaine ou pas, ça fait du bien pour commencer la journée.

En arrivant à l’école, tous les enfants de maternelle sont ensemble, tous les âges réunis, ensuite ils rejoignent leurs groupes respectifs à 9.00 (pour ceux qui sont déjà là), Moumou est chez les « Smilies » (l’équivalent de la petite section, mais avec un nom plus sympa).

A 9.50 c’est le petit-déjeuner, la journée sous perfusion de bouffe commence, Exemple d’une journée ordinaire (lundi dernier) :
- petit déj: Graham bread and mixed bread (90 g), butter (5 g), poultry ham (30 g), egg spread with sprouts (30 g), vegetables (lettuce, chives, radishes; 35 g), tea with fruit juice
- A 12.40 c’est le lunch:
Meat dish: Wholemeal spaghetti with pelatti tomato sauce (200 g), grilled turkey, lettuce mix with fresh vegetables and vinaigrette / Soup: Pea soup (250 ml + 25 g) / Drink: Stewed fruit
- A 15.00 Afternoon snack:
Sweet cottage cheese with peach and raisins (80 g), challah with butter (50 g), sandwiches
Et à 17.00: tartines (fromage, jambon) et/ou fruits selon les restes du midi et du snack.
Sans oublier qu’il y a tous les jours un anniversaire à fêter, à grand renfort de gâteaux faits par les parents, que du light bien sûr (mais passé le mois de mars ça devrait aller, ils seront tous nés au rythme là, à moins que je n’ai pas compris ce qu’ils fêtent)
Ou une occasion de découvrir une spécialité culinaire (mercredi à l’Institut français, ils ont été accueillis avec chocolat et croissants, après –évidemment- avoir pris le petit déj avant de partir).

Bref les parents sont rassurés: les enfants ne mourront pas de faim ici, nous, cela nous inquiète plutôt: Mou n’est pas du genre à laisser quelque chose dans son assiette, goûte évidemment tout, bref elle adore, c’est “l’école où on mange tout le temps”, le paradis pour elle.
Je fais les 10 commandements alimentaires chaque soir: tu n’en reprendras pas, tu ne mangeras pas ce que tes voisins laissent, tu ne te goinfreras pas tant qu’il y en a… etc.

Entre 2 apports caloriques, ce qu’elle fait est beaucoup plus flou.
Pour 2 raisons: parce que, déjà, elle parle plus volontiers de ce qu’elle ingurgite (au sens propre), et surtout parce qu’elle ne comprend pas encore tout ce qu’il se passe entre 2 repas.

Il y a en effet beaucoup d’activités, mais en anglais, et donc parfois elle passe totalement à côté.
Exemple ce jeudi :
« il y a un monsieur qui est venu, avec des trucs comme on avait sur le frigo à Dijon, et hop hop il a parlé, les enfants aussi, et puis bye bye, je ne sais pas pourquoi il est venu ».
On ne peut plus clair. Ça avait l’air très intéressant.
En fait c’était Bartek Jędrzejak, le Alain Gillot-Pétré de TVN Poland, qui leur a présenté la météo et leur a expliqué les previsions météo (les smilies sont en pleine thématique “saisons”). Bon, ben pour cette fois on ne pourra pas dire qu’elle en a profité (gageons qu’en plus elle devait être en pleine digestion).





Heureusement, ce qui est topissime, c’est que les maîtresses des smililes (Miss Karolyna, Miss Sylvia et Miss Kornelia) envoient chaque fin de semaine un message aux parents pour leur expliquer tout ce que les enfants ont fait dans la semaine (ça me permet de re-expliquer à Mou tout ce qu’elle a zappé, c’est comme ça que j’ai compris pour Mr Météo) et ce qui est prévu pour la semaine suivante - là, ça me demande un peu de boulot pour introduire les themes à Mou, parce que les themes sont nouveaux pour moi:
-       ils ont déjà noyé Marzanna: symbole (slave) de l'hiver, noyée pour faire place à la joie d'accueillir le retour du printemps et donc de l'éveil de la nature avec toutes ses promesses de récoltes futures
-       fêté Dr Seuss-Day, un auteur/dessinateur américain,
-       organisé un Ask-a-question-Day… etc
ça n’arrête pas, j’ai du mal à suivre.

Entre les repas et les activités, les enfants adorent aussi parce que
-       rien n’est imposé “we never force children”, parmi lesquels la sieste, le 2nd rêve de Mou après les repas: ne pas être obligée de dormir, bientôt 4 ans qu’elle attendait cela
-       c’est une école où on ne punit pas (ça, on le tient d’Albane, qui nous a expliqué que quand quelqu’un fait une bêtise, la maîtresse lui parle et “c’est tout”)

Force est de constater que cela produit des résultats: le matin par exemple, il n’y a pas de crises liées aux tétines, comme j’ai pu en voir à Dijon, tous les enfants ont abandonné la tétine d’eux-mêmes, pareil pour les doudous…
“The Canadian Preschool offers a warm, family environment, which is conducive to engendering a feeling of security and of one’s own worth; the child is thereby encouraged to be positive in outlook towards itself and the world. Our priority is to recognise and develop the abilities of our charges. We stand fast by the conviction that every child has great potential and most surely must possess some exceptional talent or other that should be nurtured.”

RDV dans 2 ans pour un « bilan » (cher à notre système éducatif) elle ne saura peut-être pas compter, mais
1-    elle aura bien mangé
2-    elle se sera bien amusée, et …
3-    elle aura plein de copains dans le monde (enfin, à valider… son voisin de casier qui vient juste d’arriver lui aussi est serbe, et s’appelle Viktor Milosevic, je me demande quand même si je vais avoir l’ouverture d’esprit requise pour l’inviter à l’anniversaire de Mou)


samedi 29 mars 2014


le glacier du matin





la glace de l'après-midi











dimanche 23 mars 2014







Quand j’attendais Albane, j’avais visité la maternité à la Pitié : une salle de travail avec fenêtre (=lumière du jour + air), et une chambre très agréable, avec toutes sortes de commentaires des sages-femmes « nous vous écoutons, vous êtes au cœur de votre accouchement ». 
J’ai eu droit à l’exact contraire.
Je sais désormais que le mensonge fait partie de la déontologie médicale, et j’imagine que c’est universel, c’est donc beaucoup moins naïve que je me rends aux visites de 2 cliniques ici.

Ilona m’accompagne pour la traduction (oui j’ai bien compris maintenant que full english speaking demande quand même quelques notions de polonais ici).


On commence par Damania. Une sage-femme nous reçoit, avec une personne en charge of « the insurance », ah oui ils vont vérifier que je peux bien payer pour commencer.
Quand je pense qu’à la Pitié, il y a 4 ans, je m’étais démenée pour payer, et je n’ai pas déboursé un euro, alors que là, ça nous arrangerait plutôt des facilités de paiement…
La première paie d’Olivier ne couvrira pas la totalité d’un accouchement en clinique ici. Pour avoir un ordre de grandeur, j’ai fait le calcul : les tarifs proposés représentent environ 5 mois de salaire moyen polonais, ce qui correspondrait à environ 12500 euros en France, pas donné à tout le monde non plus, et uniquement pour l’accouchement, heureusement que j’arrive à la fin et que je n’ai pas à prendre les pack de suivi « 1er trimestre », « 2ème trimestre » et « 3ème trimestre ».
Pas très étonnant que j’aie la voiture la plus petite du parking dans ces conditions.


Bon les questions administratives étant réglées (de leur point de vue), je rencontre le pédiatre qui accueillera Mou nr 2, il est charmant.
Puis l’anesthésiste qui m’accompagnera. Je tombe un peu de ma chaise (enfin du magnifique canapé en cuir blanc sur lequel je suis assise) : il me demande ce que je veux comme accouchement.
Euh, rien, je veux juste que le bébé sorte, c’est quoi la question ?!!
«  it’s your choice !
-       what kind of choice do I have ?
-       natural birth, caesarean section, epidural… we realize your dreams here »
ça c’est un choc culturel. Je lui explique que je ne me suis jamais posé la question parce qu’en France, à ma connaissance, ce n’en est pas une, il faut que je réfléchisse. Ok, c’est un point à revoir avec l’obstétricien alors que je rencontrerai par la suite si je m’inscris dans cette clinique. Ensuite retour avec la sage-femme, qui me fait visiter une chambre, tout à fait cosy et une salle de travail, parfaite (avec fenêtre).

Elle me remet toutes sortes de documents (full polish), dont un avec une liste de promo qui indique que j’ai droit à 5% de réduc. Ok, merci.
Et aussi à… un cadeau pour les parents :

 




Je n’ai pas osé demander si l’envoi direct à Emmaüs était inclus dans le pack.


Tant qu'à réaliser mes rêves, j’aurais mieux aimé une robe de créateur pour faire ma sortie :





2ème visite, à Médicover. C’est au même endroit, en fait c’est un bâtiment géant, le dernier où j’avais emmené Albane pour sa dernière otite, que partagent plusieurs hôpitaux privés. Techniquement si j’ai bien compris, ils ne partagent pas les plateaux techniques, ou les infrastructures, et surtout pas le personnel, ils louent seulement des étages, et m’expliquent que, en centre ville, souvent il y a un supermarché au RDC, une clinique au 1er étage, au 2ème une banque, et des bureaux au-dessus, c’est pareil.
La sage-femme m’indique que tant que je n’ai pas arrêté le type d’accouchement, elle ne peut rien m’expliquer. Mais que, d’abord, il faut que je rencontre le Koordinator de la clinique. Je me rends au bureau où ils sont 3, et ils me présentent les packages accouchement (et les conditions de paiement: 100% en une fois 4 semaines avant le terme): nr1 avec une sage-femme, nr2 avec un docteur, VIP avec du personnel qui parle anglais. Donc VIP pour moi.
Ils me détaillent le package VIP, ce que je retiens c’est surtout la prestation hôtelière : 5 nuits dans une suite (2 chambres) avec le papa, ça donnerait presque envie d’accoucher si on était au bord de la mer.

Bref, le sujet est moins médical que ce que j’ai pu connaître jusqu’à présent.


Mon vrai sujet de préoccupation concerne le transport. Aucune des 2 cliniques ne viendra me chercher à la maison.
Ce qui est très étrange car, dans cette ville, on entend et on voit des ambulances à longueur de journée. Je me demande bien ce qu’ils transportent.

Et en arrivant aux RDV à la clinique, j’ai tapé la rampe du parking en montant (bing l’aile arrière gauche), et en sortant, j’ai tapé la rampe du parking en descendant (bing l’aile arrière droite).
Je me demande si je n’ai pas tout simplement pris les rampes dans le mauvais sens (celle pour sortir pour entrer et celle pour entrer pour sortir) ou si Ma voiture n’est pas faite pour ces parking : quel est le secret des deutsche 4X4 qui remplissent ce parking ?!!!
Etant donné que mon nouveau pare-choc est encore intact (et avec le malus que j'ai pris, j'aimerais bien que ça dure un petit peu), et que le D-day les bing pourraient devenir des BING, je demande à Oliver si on pourra prendre sa voiture.
Euh non, cela ne va pas être possible… il me rappelle qu’il a touché aux options de sa voiture et a malencontreusement condamné la portière conducteur qu’il n’arrive plus à ouvrir (et donc entre et sort côté passager... pour quelqu'un de petit et souple comme lui, c'est un simple détail le matin)… 
Alors, au risque que le D-day il condamne aussi malencontreusement la portière passager, et que je doive sortir par le coffre, on appellera un taxi.





vendredi 21 mars 2014


J’ai vu Malgorszata ce matin pour mon dossier auprès du bureau de l’Immigration.
Il faut le déposer avant Mardi, aucun répit.
On reprend tous les docs, l’arbre généalogique…
Maintenant que j’ai découvert que les 2 parents de Mami avaient la nationalité polonaise, tout laisse penser que j’ai la nationalité polonaise aussi. Ah ah ah !
Depuis le début on nous demande de prouver que je n’ai pas la nationalité polonaise, l’enquête va finir par démontrer le contraire, moment magique : avoir la nationalité polonaise pourrait me donner le droit de travailler ici!!! Cela me motive à remplir ces kg de documents.

Tiens, peut-être même je pourrais devenir fonctionnaire en Pologne.

mercredi 19 mars 2014


Hier je suis retournée chez le médecin avec Albane.

En presque 4 ans, pas une otite et ici en 2 semaines, déjà 2.
Je m’interroge :
Est-ce l’otite psychologique ? trop d’émotions, trop de tartines … ?
Est-ce l’air de Varsovie ?
Est-ce l’otite « le polonais me farcit les oreilles » - ah non celle-ci c’est celle de Maman (mais Maman se soigne au jambon).
Ou, plus prosaïquement, est-ce l’otite « wodny park » ? ok, le médecin avait dit « pas d’eau dans les oreilles pendant la douche », il n’avait rien précisé au sujet de la piscine. Mauvaise Mère. Le week-end dernier j’ai donc emmené Albane à wodny park, j’étais sûre qu’elle allait adorer. D'accord, à la sortie d’une otite, ce n’est pas très malin, je sais.
Mais quand je la vois s’éclater sur les toboggans, tellement heureuse, avec Olivier, je nous trouve invulnérables, je me dis qu’il ne peut rien nous arriver. Ça vaut bien une petite otite, non ?

Bref, dans le groupe médical où j’étais déjà allée (et où elle a donc un dossier) il n’y a plus un RDV, je finis par trouver un RDV chez Medicover, un autre groupe privé qui sévit ici.

Qu’est ce que je découvre sur le site ?!! qu’il y a une offre « last minute » ! 
on choisit la ville, la spécialité, s’il y a un RDV dispo, c’est –30% !
Ce qui est quand même drôle c’est que dès qu’on passe le site en anglais, il n’y a plus ce système de promo, c'est seulement valable pour les locaux ?!!
Pour nous c’est sans regret de toute façon : pour réserver on-line, il faut un PESEL number, l’équivalent d’un numéro de Sécurité Sociale, qu’on ne pourra demander que quand on aura notre permis de résidence, pour lequel, au rythme où vont les choses, on table sur 2018/2019 au plus tôt (et encore, je suis optimiste : quand ils vont découvrir que Papi a été naturalisé APRES la naissance de Papa, je pense qu’on va faire l’objet d’une nouvelle procédure).
Ceci étant, j’ai découvert que ce qu’ils appellent « lancer une enquête » consiste à nous envoyer un nouveau document (full polish) à renseigner, 22 pages cette fois, qui remonte aux arrière-grands-parents (où mon arrière grand-père a-t-il fait son service militaire ? vraie question).
Mais, entre les naissances en voyage (finalement ils ont pas mal voyagé dans la famille) et l’installation dans une région jadis convoitée, aux frontières et rattachements mouvants, la tâche est compliquée, j’ai commencé un superbe arbre généalogique.

Retour à notre otite/clinique (en tarif plein pour nous donc, et payé avant la consultation). Après une heure d’embouteillages, on arrive dans un truc…
« mais Maman on doit aller chez le docteur ?
-       oui, on y est !
-       mais non c’est un parking de magasin ici »
oui bien vu, le parking c’est un parking Vinci parisien dernière génération: flambant neuf, x étages, parfum lavande, petite musique dans l’ascenseur…
Entrée dans le hall principal : on se croirait cette fois à la réception du Hyatt à Roissy : fauteuils en cuir, ascenseurs en verre, boutiques… inutile de préciser qu’il n’y a pas cette odeur caractéristique de l’hôpital qui me rend habituellement malade dès la première minute, et pas une blouse blanche à l’horizon. Enfin, l’important c’est que les médecins aient étudié un jour ou l’autre la médecine, s’ils préfèrent être habillés normalement, pourquoi pas.

On se perd dans un dédale de couloirs, bizarrement il n’y a pas de différence entre les chambres des patients, les salles de consultation, les réceptions, les pièces où on fait des radios, les dessins animés… je suis perplexe, je ne comprends pas comment ça marche.

On finit par tomber complètement par hasard sur le médecin avec lequel on a RDV, plutôt l’air compétent, à la fin de la visite Albane a son autocollant (oui, à la fin d’un RDV en pédiatrie, l’enfant repart toujours avec un autocollant « patient courageux »). Je deviens totalement bilingue ORL à force.

Il faut quand même que je trouve un pédiatre qui baragouine anglais à côté de chez nous, chaque visite est une aventure de 2-3 heures, c’est infernal.

Olivier me demande:
«  mais il ne faut pas passer d’abord chez le généraliste avant d’aller chez un spécialiste ici?
- peut-être, ce qui est sûr c’est que tu peux aussi passer chez le psy et le dentiste te faire poser un appareil dentaire avant l'ORL pour le même tarif dans le public ».
Le problème du public ici c’est l’attente. A l’hôpital Sainte Sofia où j’ai appelé pour une visite pour accoucher, ils m’ont proposé un RDV après le terme prévu. Et Malgorszata m’a prévenue : ce n’est pas parce qu’on a un RDV dans un hôpital qu’on est sûr de passer le jour-là. Tout-à-fait rassurant.
Donc ce sera dans une clinique privée.
Ou dans la baignoire chez nous.


mardi 18 mars 2014



A la boucherie j’ai demandé 3 tranches de jambon, finalement elle me montre, ça ne fait pas lourd, j’en demande 2 supplémentaires, et zim zim zim, une minute plus tard, j’en ai 20 de plus. J’ai visiblement un problème de déclinaison des nombres.
Bon j’aurais pu me tromper avec « tranche » (et me retrouver avec le cochon entier), ou avec « jambon » (et avoir l’équivalent en saucisses), dans mon désarroi, je n’ai que 18 tranches de jambon dont je ne voulais pas.

Il faut dire qu’on croirait que c’est fait exprès pour se tromper leurs chiffres : 9 par exemple se traduit par dziewięć et dix par dziesięć (un peu comme wejście et wyjście, l'entrée et la sortie). Entre 9 et 10, pour la plupart des sujets qui me concernent, ce n’est pas très grave de se tromper, dans le doute j’arrive à 9.00 au RDV, et si j’ai 9 tomates au lieu de 10, rien de dramatique.
Mais comme mon problème commence dès 2, qui a été compris comme 20, il y a urgence, aux grands maux les grands remèdes : 




lundi 17 mars 2014

lundi matin, départ à l'école, prête pour une nouvelle semaine


samedi 15 mars 2014


Quand on annoncé qu’on partait vivre à Varsovie, on a eu droit à toutes sortes de commentaires encourageants, le froid, le ghetto, l’Europe de l’Est, les magasins vides… « mes pauvres enfants… ».
Oh eh, ça va hein, c’est pas le Tiers-Monde !

Bon, maintenant il est temps de reconnaître que c’est un peu le Tiers-Monde quand même.

Quelques signes qui ne trompent pas (repérés de Guatemala Ciudad à Phnom Penh) :

-       On peut acheter le papier toilette au rouleau. Et dans la rue. Au demeurant très pratique en cas d’urgence, mais toujours surprenant quand on a l’habitude d’acheter des lots de 48 rouleaux (pour ne pas manquer, comme si la pénurie de papier toilette était la prochaine crise attendue en France).
-       Le yaourt n’existe pas. Il existe bien toutes sortes de produits dénommés « yogourt », allant du plus liquide (qu’on appellerait communément du lait, même si c’est dans un pot de 125g), au plus solide et à l’odeur un peu forte (que je classe dans les fromages de chèvre)- finalement c’est bien qu’ils soient vendus (eux aussi) à l’unité : on peut tous les tester sans avoir à finir un pack de 24 à chaque fois.
-      Il n’y a que 2 catégories de voitures : les 4x4 et berlines de marque allemande rutilants et les poubelles ambulantes. Entre les 2, j’aurais dit qu’il y avait les nôtres, mais tout bien réfléchi, non : celle d’Olivier (même si je n’ai pas encore été invitée à y monter), de taille sérieuse, de marque allemande et au nombre certain d’options relève sans conteste de la 1ère catégorie, quant à la mienne (la Mienne, ma voiture, MA voiture ! après 3 ans de vélo et 50000km, elle est enfin mienne, merci merci merci), elle appartient aujourd’hui à la 2nde catégorie (tant que je ne saurai pas distinguer wejście et wyjście, l’entrée et la sortie en polonais, je ne m’aventurerai pas dans les rouleaux du lavomatique), et étant donnée l’équation stationnement dans la rue+rue adjacente au parc+arbres dans le parc+oiseaux sur les arbres, elle le restera probablement longtemps (au risque de me faire deshériter).
-     L’eau n’est pas potable dans la capitale. On avait pourtant commencé à la boire sans noter d’effets indésirables, mais les locaux nous on dit « malheureux, vous n’avez pas vu sa couleur?!! même nous, nous la buvons pas ! », gloups, alors nous faisons désormais partie des personnes dans ce bas-monde, qui de Lagos à Dehli, se font livrer l’eau à domicile dans une bouteille plastique. On a donc dû s’adapter et sacrifier un étage de notre cave, triste sort que le nôtre:




-       Il y a 500 chaînes de télévision, dont approximativement 120 dédiées exclusivement au télé-achat (là, j’exagère, mais à peine : je n’ai pas encore réussi à faire le tour des chaînes auxquelles nous avons droit)
-      Les rues principales sont en parfait état, mais dès qu’on prend une perpendiculaire disons « moins principale » c’est la jungle : la voie est défoncée, le trottoir est une voie supplémentaire ou un parking selon l’endroit, etc

« mais Maman pourquoi tu te gares là ?!!
- Ecoute, chérie, je ne suis pas toute seule sur le terre-plein là, non ? »




mercredi 12 mars 2014



En 2010, quand j’attendais Moumou, je ressemblais à la Taupe :



En 2014, c’est plutôt à l’Hippo :





Si je veux conserver forme humaine, direction piscine ce matin.

La semaine dernière, perdue encore une fois, j’étais tombée par hasard sur Wodny Park, un complexe avec espace bien-être, fitness, toboggan, bassin olympique…
Ce n’est pas la piscine olympique à Dijon, il faut un bac+5/6 minimum pour manœuvrer le casier, et pas être regardant sur l’intimité (pas de vestiaires) mais l’important : j’ai une ligne pour moi toute seule, le rêve ! (en même temps, vu les tarifs, c’est étonnant que je n’ai pas le complexe entier pour moi toute seule).
Je nage je nage, j’oublie tous les Prszemek, Maria, Malgorszata, Proprio, Matylda, et tous ceux dont je ne connais pas le nom… j’aurais dû venir ici depuis longtemps, rien de tel que l'eau... l’appart en serait au même point, et mon dossier à l’immigration n’aurait ni plus ni moins avancé.





mardi 11 mars 2014


Mardi

RDV tous les 3 à 11.00 au bureau de l’immigration pour déposer notre demande de permis de résidence.

Ca commence comme à peu près tous mes RDV à Varsovie : je me trompe de route, je me retrouve de l’autre côté de la Vistule, à cause des travaux le GPS nous fait tourner en rond, 10km de rallonge, complètement paumée, 1000 de tension. 
Qu’est ce que ça peut m’énerver. Comment je peux me perdre à ce point?!

Olivier entre en 1er, Malgorszata est avec nous, avec 6kg de documents (tous nos papiers ont été traduits en polonais !) : j’ai préparé le dossier avec elle, et elle traduit (au bureau de l’immigration, ils ne parlent que polonais, pratique).
Il ressort assez vite : avec un contrat qui mentionne un début et une fin de mission, et un salaire, c’est l’idéal.

Albane doit montrer sa tête, 2 secondes en tout (au cas où on se soit inventé un enfant avant de venir et qu’on veuille pour lui un permis de résidence?).

En revanche pour moi tout se complique, et je rentre dans un interrogatoire sans fin : pourquoi je n’ai pas le nom d’Olivier ? pourquoi nous ne sommes pas mariés ? est-ce que j’ai un compte bancaire ? etc. Oui, ça va merci, j’avais une existence avant de passer la frontière.
Je dois écrire moi-même des « je déclare que… » en polonais que Malgorszata me dicte, mais une dictée en polonais à l’heure actuelle pour moi c’est un calvaire : je n’entends que cheu-cheu-cheu, alors pour écrire prsw…/cszw…/mszl… c’est vraiment laborieux.
Mais je n’ai encore rien vu. La nana me demande de qui je tiens mon nom. Ben de mes parents. Et de qui mon père tient le sien ? ben de son père à lui pardi (heureusement le PACS n’existait pas encore).
Alors là, la catastrophe : elle me demande si j’ai la nationalité polonaise. C’est-à-dire que si je l’avais, je ne serais pas là à demander un permis de résidence. Je réponds « non » , et bien, dans ce cas il va falloir que je le prouve. Si Papi avait la nationalité, il l’aurait transmise à Papa, et donc j’aurais la double-nationalité. 1ère fois que j’entends un truc pareil.
Kafkaien.

Surtout je ne comprends pas la logique: pourquoi est-ce que je viendrais demander un permis de résidence dans un pays dont j’aurais la nationalité ? dans un pays qui n’offre a priori rien de plus généreux que celui dont je viens ? avec une assurance 100% privée qui garantit bien que je n’utiliserais aucun de leurs services sociaux ?...
En fait, la nationalité, ça va être comme la console : encore plus compliqué de ne pas en vouloir que de la demander J

Anyway la seule chose que j’ai comprise : pour le dossier d’Olivier ça va aller vite, celui d’Albane aussi (on avait été bizarrement bien inspirés de lui avoir donné le nom de son papa quand elle est née), en revanche pour mon dossier, c’est relégué à une date ultérieure et on va se revoir. Super.





Lundi

J’ai failli faire mon 1er homicide aujourd’hui. Je précise « premier » parce que je sens que c’est le début d’une longue série.

A 10.00 RDV avec l’électricien qui doit rencontrer UPC (=France Telecom) pour qu’ils arrêtent de se renvoyer la balle et qu’ils nous installent enfin le téléphone (avec l’aide de Malgorszata pour la traduction en anglais).
Il arrive, c’est le plombier de l’autre fois, bon, un homme-à-tout-faire, accompagné d’un ami (jamais vu lui), et tout d’un coup, sonnerie différente de l’interphone, voilà que déboule la Proprio. Nan mais c’est pas vrai, qui l’a invitée elle ? elle ne sert à rien, elle n’a pas compris vendredi ce qu’on lui a dit ?!

M Prszemek (l’homme-à-tout-faire électricien) explique que tout va bien, il n’y a aucun problème selon lui.
Son seul problème dans l’immédiat, et d’ailleurs il n’est venu que pour ça: quand est-ce qu’on va le payer pour les travaux de vendredi soir ? alors là, je crois rêver, c’est à nous de payer pour l’installation de la console et du miroir dont ON NE VEUT PAS ?!! qu’on a déjà déplacés pour ne plus les voir ? je lui fais expliquer que je ne vais rien lui payer du tout pour ces horreurs que nous n'avons pas demandées. Quant à l'architecte, vendredi soir elle est partie avec une planche-à-repasser sur les bras, la prochaine fois, elle sera sur le palier avec sa console.

Le hic supplémentaire c’est que UPC a zappé le RDV et donc les 2 se barrent. Malgorszata fait le maximum pour que quelqu’un d’UPC vienne quand même, le type finit par arriver, il sort ses outils, fait le tour de l’appart et en 30 minutes explique que la configuration ne va pas : les mecs ont probablement sectionné tous les câbles lors de la rénovation (les 2 qui viennent de partir en expliquant que tout va bien).
Il propose de tirer un câble depuis le RDC, mais il faut l’accord de l’Administrator, et la Proprio, donc ça va prendre beaucoup de temps. Ils appellent l’Administrator, ils sont trop nombreux, c’est ingérable. Je commence à perdre patience.
Malgorszata rappelle les Laurel et Hardy qui viennent de partir et leur demande de rappliquer vite fait pour réparer leurs bêtises qu’ils sont incapables d’admettre, pour la 4ème fois en une semaine, et qui bloquent tout.
Ils finissent par revenir, ouvrir le mur, réparer les câbles, le type d’UPC termine, il est 16.00.

Et je n’ai pas fini de m’exciter avec toutes leurs factures qui ne manqueront pas d’arriver ici à notre nom.

dimanche 9 mars 2014






Samedi

Virée chez nos amis les Suédois.




Comme tout magasin Ikea qui se respecte, celui-ci est loin de tout et se mérite, mais encore plus ici : Varsovie est une ville étendue, et en travaux, donc c’est une aventure qui se compte en dizaines de kms et en nombreux détours.
C’est une aventure également à l’intérieur : les noms en swedish passent encore, mais les gentils vendeurs en bleu et jaune qui parlent polonais, c’est sans filet pour nous.
La bonne nouvelle c’est que pour entrer dans l’espace enfants, ce n’est pas l’âge qui est déterminant, mais la taille, et là, notre Mou explose la toise, hop, en 2 secondes elle est dans la piscine à balles.
Mais dans la série la super-poisse, on a fait très fort : on vient pour des meubles de cuisine, l’espace cuisine est fermé pour travaux. Probablement le seul Ikéa au monde dont l’espace cuisine est actuellement fermé. Mais maintenant qu'on est là, pas question de repartir les mains vides.

Enfin, ce qui est universel chez Ikea, c’est surtout le retour à la maison : toujours l’assurance d’un grand moment de calme et de convivialité au montage.
Le 1er meuble : on a oublié les roues, pour un meuble à roulettes, c’est franchement dommage-
Le 2ème , un canapé convertible : on a lutté longtemps, longtemps, pour essayer de le fermer, le salon a beau être grand, on n’a pas envie d'en faire une chambre à cause d'un canapé qu'on ne réussit pas à fermer, on a fini par y arriver, par hasard, et sans y laisser un doigt, bravo nous- on n'a pas osé le rouvrir pour voir si on est capable de le refermer à nouveau, surprise garantie avec les 1ers qui viendront dormir chez nous-
Le 3ème meuble : on ne l’a pas vu chez Ikea, c’est un « nouveau » produit de la collection, et à l’heure qu’il est, on en est encore au stade de l’imagination :







Vendredi


A 10.00 j’attends l’architecte et ses ouvriers. Je vais attendre toute la journée en fait.

A 17.30 RDV chez le médecin pour Ptit Mou : ici quand on est sous antibiotique, au bout de 5 jours il faut revoir un médecin. A moins que ce ne soit juste dans la clinique ultra-privée ultra-chère dans laquelle on est allé samedi dernier. A creuser.
Bien sûr le RDV n’est pas là où on était samedi : la clinique a 20 sites dans Varsovie, c'est cadeau le jeu de piste, et pratique en cas d’urgence.

Retour à la maison, le cauchemar : sont présents l’architecte, sa copine («qui a participé à la rénovation»), la Proprio (argh), et 2 ouvriers, et dans le couloir un échafaudage. On ne peut pas dire qu’ils sont en avance cette fois, pour un RDV à 10.00 il était temps qu'ils arrivent.

« what is that… thing in the corridor ?
-       the console ! » (donc pas du tout un échafaudage)
oh mon Dieu, ça valait le coup de l’attendre, rien que pour les dimensions : 198cm de long!! ce n’est plus un meuble : c’est le comptoir de la Poste.
Et puis tous ces gens, c’est pour l’inauguration, on coupe le ruban une fois la console installée ?!!
Ils ne mettront qu’1h30 à l’installer (beau record), elle est horrible, et en plus, ils l’affublent d’un miroir tout aussi laid.

Bon, je dis à Olivier que l’important c’est qu’il ne faut pas qu’ils partent sans bien avoir compris une chose : ON NE VEUT PLUS RIEN, ON NE VEUT PLUS LES VOIR, ON VEUT ETRE CHEZ NOUS.
Olivier lui rend manu militari sa planche-à-repasser, et la pousse sur le palier, bye bye, je crois que c’est clair cette fois.
Dans le contrat, on avait noté une clause bizarre, qui mentionne que la Proprio a le droit de venir tous les 6 mois. On va la revoir donc. Mais d’ici là, je parlerai polonais, ça traînera moins.


Demain 1ère heure on bouge la console dans un couloir où on la verra moins.

Et je cherche un grand angle pour mon appareil pour immortaliser l’objet.

vendredi 7 mars 2014


Jeudi

Grosse journée.

Olivier m’a interdit de bouger aujourd'hui.
J’ai donc enfilé mon nouveau costume de parfaite mère au foyer :

-       je suis allée à la boucherie, j’ai tellement bien réussi à me faire comprendre que j’ai acheté 670 grammes de lard (probablement plus que je n’en ai acheté dans toute ma vie, j'ai de quoi faire 20 quiches au moins avec tout ça?!!)



Vu mon gros niveau en polonais je vais donc attendre un peu pour aller faire laver la voiture: je n'ai pas envie de la retrouver en pièces détachées

-       j’ai été particulièrement inspirée pour la déco de la chambre de Mou nr2:




-       j’ai fait des fondants au chocolat pour mes travailleurs (pas de photo : j'ai promis de ne pas mettre de photos de cuisine sur ce blog, rien de plus pathétique que photographier chaque jour ce qui sort du four, et puis, pour être tout à fait honnête, je manque d'entraînement: ils ne sont pas présentables)

-       j’ai rencontré la directrice de l’école de Mou, il fallait que je lui demande ce qu’Albane fait de ses journées, parce que, pour l’instant, tout ce qu’elle me raconte c’est : 

« - c’est super cette école, on mange tout le temps, ah c’est pas comme à la maison, il y a plein de tartines avec du beurre et du miel, et aussi des céréales avec du lait, et du fromage de souris sur des tartines, et j’en ai mangé tellement beaucoup que je peux pas te dire combien... 
   - mais les tartines, c'est pour le goûter?
   - mais c'est lequel le goûter? celui après le midi?!
   - euh non, en principe tu as le dessert le midi et puis le goûter c'est dans l'après-midi
   - nan mais tu comprends pas ce que je dis Maman: on mange tout le temps dans cette école, c'est meilleur meilleur qu'à la maison et c'est pas comme à Dijon »
Ca fera plaisir à Papa d'apprendre tout ça, il va penser que Maman a bien choisi ton école...