Deuxième réveil à Pondichery aussi difficile, la nuit a été très animée : les pèlerins de l’autre jour sont arrivés en masse dans l’église à 2 pas de là où je dors (d’ailleurs j’ai appris que Pondichery n’est pas leur terminus, ils vont à Karaikal, à 200-300 km au Sud de Pondichery, leurs pieds sont complètement ensanglantés, c’est atroce, mon hôte m’a expliqué que « ce chemin les purifiait par les pieds », peut-être cela leur purifie l’âme, mais quelle meurtrissure physique, je ne suis pas bien certaine qu’ils réussissent à re-marcher un jour correctement) et les moustiques ont continué leur acharnement (c'est marrant comme cela devient accessoire a cote des pieds des pelerins...).
Il y a un grand marché à Pondi le dimanche sur Nehru Street et Gandhi Street, on y trouve de tout : toutes les pièces détachées possibles et imaginables (jantes, pneus, capots…), toutes les merveilles en plastique qu’on découvrira sous peu chez nous (mais si, vous voyez, le découpe-légumes qui tranche-coupe-rape-et-pré-mache, en vente sur tous les marchés un peu animés), des gâteaux faits maison de toutes les formes et toutes les couleurs, et puis aussi des buddhas clignotant, des guirlandes de bouteilles (faut que je creuse ce truc là), des frigos… TOUT TOUT TOUT l’indispensable.
J’achète de la corde pour faire des pièges à moustiques.
Je rejoins mes nouveaux amis à Auroville.
Auroville c’est une « cité idéale rêvée par la Mère, utopie mystique et écologique » d’après mon guide. Bon, ça promet de me plaire. En réalité, si les expériences écologiques sont intéressantes et pleines de raisonnable, le reste est plus fumeux : ce n’est absolument pas ouvert à tous (« Baga » va m’expliquer qu’il ne faut que la plage devienne un beach resort d’où le contrôle à l’entrée, enfin aucun risque pour le beach resort: entre l’état de la plage et les rouleaux qu’il y a…), alors qu’il n’est pas question d’argent chez les Aurovilliens, tout est payant pour les autres (le pass, le parking du rickshaw, le pass pour la vue…), mais tout est fermé, à l’exception des boutiques.
En fait cette vie communautaire ne fonctionne que parce que d’autres ont fait un choix (ou pas d’ailleurs) différent : les locaux qui bossent pour maintenir le site et les touristos qui veulent bien payer pour assouvir leur curiosité.
Bref un repaire à babas allemands et français (je suis méchante: j’ai entendu de l’espagnol aussi).
Petite idée de recette (dédicace toute particulière à Claude S.), l’omelette nature version locale testee pour vous ce midi:
- cassez 2 œufs, mélangez le tout
- plongez la texture ainsi obtenue dans l’huile bouillante
- sortir la crêpe qui surnage
- salez, poivrez, servez.
Le concept de la frite appliqué à l’œuf. Fabuleux.
Mon conseil : servi avec des tartines beurrées, c’est l’assurance d’un après-midi lesté.
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