Hier, par exemple, j’ai rencontré 2 Françaises, Elodie et Marianne. Jusqu’à présent les Français que j’avais rencontrés ici relevaient de 2 catégories : des français exilés qui profitent de leur RMI ici (très intéressant effectivement, mais quelle abnégation, entre la chaleur et la crasse…), ou des français qui bossent quelques mois à l’Alliance française, et se comportent en parfaits colons…
Bref, Elodie et Marianne avaient quant à elles passé 1 mois à Chennai (en matière de villes indiennes, c’est entre Delhi et Pondichéry), la 1ère dans une prison pour enfants, et la seconde dans l’école du bidonville. Leurs récits dépassent l’imaginaire.
Ces filles sont des héroïnes, moi, en comparaison, je ne fais rien.
Enfin, j’ai commencé les cours sur Excel, c’est quand même difficile. C’est même du délire : mes élèves additionnent les « tiger » et les « apple » de mes exemples ou les « date of birth » et les « number of sister /brother », et font des moyennes de roupies et nombre de jours. Sans pitié.
Demain, je vais acheter des bonbons de couleur et on va les compter.
Lalida de son côté m’a expliqué qu’ils avaient à Adecom un souci avec leurs auditors et le gouvernement ; elle m’a demandé de jeter un œil à leur compta… j’ai le même sentiment d’abandon qu’en arrivant il y a quelques années à Teutschenthal : je me suis retrouvée noyée sous des factures et des simili grands livres (comptables) avec pour mission d’en sortir quelque chose. Maintenant je passe une partie de mes soirées sur le plan comptable indien. Qui l’eût cru ?!!
Avis aux volontaires : il y a au moins autant à faire en marketing !
À moins que je ne prolonge mon séjour ici…
Eh oui, bientôt on me confondra avec les locaux : , la différence entre un sari et un suri n’a plus de secret pour moi, on vient de loin pour suivre mes cours, je mange local, et on me reconnaît maintenant dans la rue.
Bon d’accord, il m’arrive encore de me trahir un peu.
Hier, par exemple, à Adecom, ils m’ont servi un truc à boire : un truc blanchâtre composé (d’après ce que j’ai compris) de lait, beurre et chili indien… goût indescriptible, texture terrible, et sentiment diffus que ça sent le rapatriement sanitaire. Lalida me demande : « you like it ? », et là, la boulette, l’instant d’oubli, le réflexe, que sais-je, mais plutôt que lui dire franchement NON, j’ai bêtement FAIT non de la tête, de gauche à droite. Et la voilà qui me ressert un plein verre… J’ai repris une gorgée mais c’était très au-dessus de mes forces. Elle n’a pas très bien pris que je laisse son breuvage.
En même temps, ce n’est pas une excuse, mais je venais déjà de faire honneur à un curry de poisson qui était déjà au-dessus de mes forces lui aussi.
Pour ceux qui se sont toujours posé la question sans oser tenter l’expérience : oui, la sardine flotte dans l’huile.
Chaque repas à Adecom est une aventure décidément.
Je suis passée au Goubert MArket tout à l’heure, c’est un grand marché couvert immense ; les marchés couverts, c’est mieux, ça garde les odeurs dedans, bien au chaud. Il y en a aussi un à côté de chez moi, mais l’odeur est telle déjà à l’extérieur que je ne réussis pas à y entrer.
Bref je m’arrête au Goubert. En déambulant entre les bananes, les œufs et les sacs de riz, je me retrouve dans la partie des fleurs, dans des montagnes de fleurs coupées, de pétales de toutes les couleurs, comme dans les meilleurs dessins animés. Puis je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé, et tous les petits vendeurs m’ont donné des pétales, des fleurs, et m’en ont mis plein dans les cheveux, je suis sortie je ressemblais à un pot de fleurs, les poches pleines de jasmin.
Les gens sont adorables ici.
J’ai acheté des épices (au retour je ne pourrais pas reprendre une alimentation normale du jour au lendemain), la plus petite quantité possible pour les épices ici c’est 200g (alors que pour le shampooing ça commence à 2ml).
200g de curry veggie, je pense que dans 20 ans on en aura encore.
Je me suis arrêtée au Supermarket aussi, j’ai acheté du THRILLER KILLERâ, un anti-moustique à brancher dans une prise, le luxe absolu ici. Seulement j’étais tellement contente de voir ce truc que je n’avais pas encore essayé que j’ai oublié qu’avec les coupures de courant ici tous les soirs, les mosquitos n’ont pas fini de se gondoler…
Demain un de mes élèves m’a invitée dans son village, j’ai hâte.
Samedi, j’ai décidé de ne pas faire cours, je prépare à ma petite classe une sortie dans les temples. Et dimanche je les emmène au ciné voir un tamul movie. Plein d’aventures en perspective !
1000 mercis pour vos encouragements à tous, à très bientôt !!!
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