Après 45 birthday parties, 460 heures de bouchons sur le pont
Marie Skłodowski,
250 kg de porc, 50 heures de cours de polonais et environ 5000 heures de
devoirs à la maison, 22 nounous (dont 12 pour le seul mois de juillet 2015), un
réseau de 15 baby-sitters, 35218 longueurs a Wodny Park, 3 iPhone (dont 2
faux), et tant de choses encore…
… une page se tourne.
P’pa Warszawa!
Cette chouette aventure, c’est avant tout une histoire de
gens.
Les Polonais d’abord, si peu ouverts au premier abord, que
nous avons réussi à apprivoiser pour certains, que nous avons su apprécier, et
qui nous ont donné les clefs pour comprendre leur pays. Au bureau, à l’école, à
la maison, ils nous ont parfois rendus dingues, ils nous ont tous touchés avec
leurs histoires et leurs personnalités.
Nous avons fait le maximum pour s’intégrer parmi eux: désormais
nous pouvons manger à n’importe quelle heure de la journée, et même faire 2 déjeuners,
nous avons abandonné le vin pour la bière, nous pensons que la Pologne peut
gagner l’Euro, nous pouvons expliquer au type à la réception qu’on attend un
paquet, nos enfants sont habillés chez Smyk, on passe le dimanche au Lazienki,
et je commande sur allegro.pl.
En revanche on continue à aller au bureau quand nous avons le
nez qui coule, on ne partira pas chaque année sur la Baltique, je ne vais pas
au Lazienki en talons, les gâteaux multicouches à la crème ne sont pas nos préférés,
notre voiture ne brille jamais.
Nous ne ferons jamais illusion bien longtemps, nous ne sommes
pas polonais.
Les expats, les femmes d’expats, ce microcosme francophone que
nous ne tenions pas à rejoindre, qui nous a réservé de belles surprises, des
amitiés que nous esperons garder longtemps.
Nous avons là aussi fait un bel effort: nous avons participé à
des apéros en nombre inconsidéré, participé à tous les charity possibles, lu Le
Petit Journal chaque jour et même écrit dans Le Petit Journal, nous connaissons
les horaires de l’école française alors que nos enfants n’y sont pas, nous
connaissons tous les w-c du Terminal 2F.
Bravo à mes copines ‘femmes d’expats’ qui, en suivant leur
conjoint, ont pris un risque en tentant le changement et que le courage de le
faire, bien qu’étant une certaine forme d’inconscience, tout le monde ne l’a
pas.
En revanche, nous fuyons toujours autant les chics brunchs des
hôtels français trop climatises, nous ne vivons pas en suivant les jours fériés
et les zones de vacances en France, nous avons organisé seulement 2 dîners à la
maison, a l’apéro nous apprécions de boire autre chose que du Champagne, nous réussissons
à chausser nos enfants ici sans problème. Bref, nous ne serons jamais de vrais
expats.
Nos copains franco-australiens, hongro-suédois, japono-polonais,
qui ont apporte un peu d’exotisme aux 2 précédentes catégories!
Enfin, la famille et les amis qui sont venus nous rendre
visite, entre ceux que nous attendions qui ne sont jamais venus et ceux que
nous n’avions pas imagine voir et qui ont débarqué, c’est aussi une nouvelle
histoire que nous avons écrite. Plutôt élevés “on-va-pas-chez-les-gens-ca-pourrait-les-deranger”,
nous avons adoré vous recevoir, vous prêter notre lit, voir vos têtes devant
notre café lyophilisé, entendre les ricanements des enfants dans les chambres
transformees en camping, traîner au petit dej ou boire des vodkas sur les
canaps, pour simplement prendre le temps de mieux se connaître.
Et tous ceux qui, sans venir, ont été là, de loin, y compris
quand ça n’allait pas (Sandra, merci du fond du coeur, les messages que nous
avons échangés m’ont permis de ne pas couler à l’automne dernier).
Merci merci merci à
tous !
Enfin, les gens, c’est aussi nous, partis à 3, nous revenons à
4, forts et heureux d'etre cette famille.
P’tit Mou est devenu grand, nous ne savons toujours pas ce qu’elle
a appris à l’école - à part l’anglais : ‘on n’a rien appris aujourd’hui,
on n’a fait que du trampoline’.
Juz aussi a grandi, il est loin le bébé calme… À l’inverse de
l’école canadienne, à l’école Montessori, elle a appris à nettoyer, à laver, à
frotter (j’avais été prévenue en l’inscrivant : ‘ici les enfants ne s’amusent
pas, ils travaillent’).
Alors, nos 2A, déjà si différentes au départ, immergées dans
des systèmes aussi opposés… feu d’artifice permanent à la maison.
Merci à Olivier de m’avoir laisse tenter avec nos enfants
cette expérience un peu dingue alors qu’il aurait été si facile de les inscrire
à l’école française. J’espère qu’elles en garderont le goût d’apprendre, l’ouverture
d’esprit, et la curiosité.
Alors,
oui, tristes de partir, très tristes même, sentiment d’inachevé, mais heureux
de rentrer pour quelques petites choses que nous avons hate de retrouver: le
système de soins français (qui n’hospitalise pas les enfants pour une otite),
la gastronomie française (pour retrouver le goût du bœuf), le gouvernement
(celui-ci ou le suivant, toujours plus démocrate que le PiS au pouvoir ici)… et
vous, famille et amis.
Nous
rentrons enrichis, plus forts et … prêts à préparer nos prochaines aventures !
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