samedi 15 mars 2014


Quand on annoncé qu’on partait vivre à Varsovie, on a eu droit à toutes sortes de commentaires encourageants, le froid, le ghetto, l’Europe de l’Est, les magasins vides… « mes pauvres enfants… ».
Oh eh, ça va hein, c’est pas le Tiers-Monde !

Bon, maintenant il est temps de reconnaître que c’est un peu le Tiers-Monde quand même.

Quelques signes qui ne trompent pas (repérés de Guatemala Ciudad à Phnom Penh) :

-       On peut acheter le papier toilette au rouleau. Et dans la rue. Au demeurant très pratique en cas d’urgence, mais toujours surprenant quand on a l’habitude d’acheter des lots de 48 rouleaux (pour ne pas manquer, comme si la pénurie de papier toilette était la prochaine crise attendue en France).
-       Le yaourt n’existe pas. Il existe bien toutes sortes de produits dénommés « yogourt », allant du plus liquide (qu’on appellerait communément du lait, même si c’est dans un pot de 125g), au plus solide et à l’odeur un peu forte (que je classe dans les fromages de chèvre)- finalement c’est bien qu’ils soient vendus (eux aussi) à l’unité : on peut tous les tester sans avoir à finir un pack de 24 à chaque fois.
-      Il n’y a que 2 catégories de voitures : les 4x4 et berlines de marque allemande rutilants et les poubelles ambulantes. Entre les 2, j’aurais dit qu’il y avait les nôtres, mais tout bien réfléchi, non : celle d’Olivier (même si je n’ai pas encore été invitée à y monter), de taille sérieuse, de marque allemande et au nombre certain d’options relève sans conteste de la 1ère catégorie, quant à la mienne (la Mienne, ma voiture, MA voiture ! après 3 ans de vélo et 50000km, elle est enfin mienne, merci merci merci), elle appartient aujourd’hui à la 2nde catégorie (tant que je ne saurai pas distinguer wejście et wyjście, l’entrée et la sortie en polonais, je ne m’aventurerai pas dans les rouleaux du lavomatique), et étant donnée l’équation stationnement dans la rue+rue adjacente au parc+arbres dans le parc+oiseaux sur les arbres, elle le restera probablement longtemps (au risque de me faire deshériter).
-     L’eau n’est pas potable dans la capitale. On avait pourtant commencé à la boire sans noter d’effets indésirables, mais les locaux nous on dit « malheureux, vous n’avez pas vu sa couleur?!! même nous, nous la buvons pas ! », gloups, alors nous faisons désormais partie des personnes dans ce bas-monde, qui de Lagos à Dehli, se font livrer l’eau à domicile dans une bouteille plastique. On a donc dû s’adapter et sacrifier un étage de notre cave, triste sort que le nôtre:




-       Il y a 500 chaînes de télévision, dont approximativement 120 dédiées exclusivement au télé-achat (là, j’exagère, mais à peine : je n’ai pas encore réussi à faire le tour des chaînes auxquelles nous avons droit)
-      Les rues principales sont en parfait état, mais dès qu’on prend une perpendiculaire disons « moins principale » c’est la jungle : la voie est défoncée, le trottoir est une voie supplémentaire ou un parking selon l’endroit, etc

« mais Maman pourquoi tu te gares là ?!!
- Ecoute, chérie, je ne suis pas toute seule sur le terre-plein là, non ? »


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